7 mois de PVT au Japon : le témoignage d’une jeune Française

PVT Japon

Stéphanie est rentrée du Japon, où elle était partie dans le cadre du PVT (Programme Vacances-Travail), il y a déjà quelques mois. Passionnée par le pays du Soleil Levant depuis de nombreuses années, elle revient sur son expérience.

 

Connaissais-tu le Japon avant de partir en PVT ?

Je connaissais le Japon avant de partir en PVT. En fait, mon séjour en PVT constitue mon 4e  voyage au Japon. J’étais partie dans le cadre d’un voyage touristique en 2005 ; j’avais alors 19 ans. Je voulais confronter la réalité avec l’image que l’on se fait du Japon en France. J’ai redécouvert le Japon lors de séjours linguistiques en 2012 et 2013. Ma passion pour ce pays étant si forte, j’ai sauté le pas avec le PVT afin de passer 7 mois au pays du Soleil Levant !

Dans quelles régions as-tu vécu jusqu'à présent et pour quels modes d'hébergement as-tu opté ?

J’ai principalement vécu dans la région de Tokyo, à Yokohama plus précisément ou j’étais fille au pair dans une famille avec 2 enfants. J’ai choisi cette option car c’était un moyen sympa et économique d’approcher la culture et le mode de vie japonais au quotidien.


Petit parc dans un quartier résidentiel de Yokohama

Je suis allée à Kyoto profiter des ryokan, ces fameuses auberges japonaises avec des onsens (sources chaudes naturelles) et des rotenburo (bains chauds intérieurs). J’ai profité de la poudreuse à Hakuba, dans la préfecture de Nagano ou je logeais dans une pension étudiante (comme dans les mangas !). Il s’agissait d’un chalet traditionnel avec de grandes chambres en tatami ou l’on dort a plusieurs ! J’ai aussi eu la chance de découvrir Okinawa, avec ses îles les plus au sud (Ishigaki, Taketomi, Kuroshima) et de profiter des complexes hôteliers touristiques (vrai décalage avec le paysage urbain des îles !).


Okinawa, l’aube sur Kohama

Bien sûr, lors de mes précédents voyages, j’ai expérimenté la guest house, logement destiné aux étrangers et offrant généralement un bon rapport qualité/prix.


Chalet étudiant au bord des pistes à Hakuba, dans la préfecture de Nagano

Quels aspects de la culture japonaise t'ont le plus surpris ?

L’aspect de la culture japonaise qui m'a le plus surpris est en premier lieu le sens du service ! La qualité du service apporté par le personnel auprès de la clientèle est extraordinaire, que ce soit dans les restaurants, magasins, transports et même dans les stations services (oui, j'ai eu la chance de conduire quotidiennement) où un pompiste vous accueille sans que vous ayez besoin de sortir de la voiture, vous lave les vitres extérieures le temps que le réservoir se remplisse et cela sans supplément ! Dommage que les stations services automatiques commencent à prendre le relais.

Une chose dont on prend aussi conscience avec un peu plus de temps et de recul, c'est l'esprit d'unité qui fait la symbolique de ce pays et qui est parfois très difficile à comprendre (et à assimiler) pour un étranger. Chaque personne tient un rôle important dans un groupe (bien que sa tâche puisse nous paraître insignifiante au premier abord) et tous les maillons qui constituent ce groupe doivent fonctionner en synergie au risque de mettre le groupe en péril. C'est assez difficile à expliquer, mais pour être synthétique, l'individualisme n'a pas sa place dans la société japonaise : la notion de groupe, d'équipe, de communauté passe avant tout... au détriment de l'individu.

Pour revenir à un aspect plus léger, l'alcool est une véritable institution dans la société japonaise ! Bien que l'état commence à mener des actions de prévention sur le danger et les risques liés à l'alcool, son image reste encore celle d'un moment de convivialité et de partage auquel on ne peut échapper ! Il n'est donc pas rare, bien au contraire, de voir un homme complètement ivre dormant dans un caniveau et ronflant de tout son saoul sans que cela ne choque les passants. D'ailleurs, lors de sorties entre collègues de travail après une journée de dur labeur, le rituel consiste à se réunir autour d'un bon verre d'alcool (saké) dans un Izakaya (petits bars bon marché où l'on peut manger et boire jusqu'à pas d'heure). Ça boit, ça fume, ça parle fort et rit à gorge déployée... L'antipode du comportement sobre et discret exigé au quotidien par la société. Mais tout ce qui se passe sous l'effet de l'alcool est vite oublié au petit matin, c'est un peu l’échappatoire nippon légal.

As-tu réussi à trouver des petits boulots ?

En plus du job d'au pair, j’ai pu trouver quelques petits boulots. Je suis allée au plus simple : cours de français et de cuisine française pour les particuliers. Simple et efficace puisqu'il suffit de laisser une petite annonce dans les commerces ou sur des sites spécialisés. Les réponses arrivent rapidement et c'est un bon moyen pour créer des liens et se constituer un réseau. Mais malheureusement cela ne rapporte pas beaucoup et il est parfois difficile d'avoir des élèves réguliers. Professeur de français au sein d'écoles privées est un bon "job" mais il est très sollicité et la maîtrise du japonais ou de l'anglais reste un gros plus. Travailler dans la restauration ou distribuer des flyers sont des jobs facilement accessibles aux étrangers ne maîtrisant pas forcément bien le japonais.

Pour ma part, mon rôle de fille au pair combiné aux cours de français et de cuisine française que je donnais aux particuliers était satisfaisant : le premier job m'offrait des plages libres en semaine que je pouvais combler par le second. Je pouvais donc organiser mon emploi du temps et m'offrir le luxe de profiter de mes week-ends! Je recommande d'ailleurs un groupe Yahoo qui s'appelle Tokyo Petites Annonces qui est vraiment pratique pour échanger des bons plans (logement, travail, sorties...) avec la communauté française installée sur Tokyo et ses environs.

Maîtrises-tu le japonais ? As-tu utilisé l'anglais ?

Je suis arrivée au Japon en PVT avec un niveau 5 au JLPT (Japanese-Language Proficiency Test), c'est-à-dire avec le niveau le plus bas dans l'apprentissage de la langue japonaise. Sachant que je suis incapable de m'exprimer en anglais, c'était pour moi un vrai challenge !

Ce n'était pas facile tous les jours, surtout les premières semaines mais cela ne m'a pas du tout découragé au contraire. L'objectif de mon PVT était aussi d’apprendre la langue : je voulais améliorer mon niveau de japonais en prenant des cours dans une école associative.

L'avantage des grandes villes comme Tokyo ou Yokohama, c'est que l'alphabet latin (rômaji) y est très utilisé notamment pour traduire les signalétiques dans les transports. Beaucoup de choses sont traduites en anglais (on a tous appris l'anglais à l'école donc avec les quelques mots que les gens comme moi peuvent déchiffrer, on arrive à s'en sortir sans forcément être bilingue). Il ne faut surtout pas hésiter à communiquer, c'est comme ça que l'on apprend et puis avec des gestes on arrive toujours à se faire comprendre même si parfois cela créé des situations hilarantes ! Disons qu'il ne faut pas se priver de sortir sous prétexte que l'on ne parle pas japonais ou anglais couramment. Par exemple, aller au restaurant est un jeu d'enfant car des photos des plats sont présentes sur la plupart des menus ou des reconstitutions de plats en silicone apparaissent même parfois dans les vitrines des restaurants. Il suffit alors simplement de désigner la photo/plat au serveur et votre commande est faite ! 


Cérémonie du thé à Tokyo

Et maintenant, quels sont tes projets ?

J'ai plusieurs projets suite à mon PVT, le premier est de continuer l'apprentissage de la langue et de passer les autres niveaux du JLPT. De retour en France, je m’apprête à débuter une formation diplômante de professeur en Français Langue Étrangère (FLE) qui me permettra de mettre en place un projet professionnel basé sur le tourisme et les échanges franco-japonais dans ma région.

Date de publication : 5 nov 2014

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