Le retour en France après un PVT au Canada : témoignage d’un ancien PVTiste

Voilà déjà 10 mois que Maxime est rentré en France, après un PVT au Canada au cours duquel il avait décroché un job permettant de mettre à profit ses talents de photographe. Aujourd’hui investi dans de multiples projets, il nous raconte comment il a vécu l’après PVT.

Où résides-tu à présent ?

Après mon retour du Canada, je me suis réétabli en Aveyron.

Lors de ton retour, est-ce que tu t’es senti en décalage avec tes amis et tes proches ?

Je pense que cette impression est inévitable quand on rentre de n’importe quel voyage. Mais chose curieuse, durant les trois semaines qui ont suivi mon retour courant février 2014, je ne ressentais aucune émotion ! Ni bonheur, ni malheur d’être là, ce qui m’avait alors permis de reprendre mes repères dans des conditions neutres, comme si je n’étais même pas parti. J’ai alors vécu mes trois premières semaines comme dans une bulle, en prenant du temps pour rédiger un nouveau projet d’exposition à partir des bases du carnet de route, de ma vie avec les Premières Nations et des recherches que j’ai effectué sur leur histoire.

Côté plus personnel sur les mois suivants, les choses ont été difficiles. Je pense que cette période a pas mal désorienté mes proches. Des échecs, des mauvaises directions, des ajustements, des turbulences à intervalles réguliers. Tout était brouillardeux pour moi et du coup, pour mon entourage également. L’image que je véhiculais chez les gens dépassait trop ma vraie façon d’être. J’ai alors trouvé refuge dans le travail et dans les démarches administratives.

Retrouver un emploi en France, facile ou parcours du combattant ?

Au retour, je n’avais pas encore mon propre appartement, ce qui rendait plus vivables les petites contraintes quotidiennes. Je m’étais fixé 6 mois à partir de mon retour en février pour me remettre sur les rails professionnels et me recentrer. J’ai repris contact avec l’agence d’intérim avec laquelle j’avais l’habitude de collaborer à Rodez, entrepris mes premières démarches pour exposer mes photos, retrouvé les amis au goutte à goutte… Durant cette période, tout allait trop lentement et trop rapidement à la fois.

Au bout de 6 mois, j’ai pu me refaire une santé financière et l’autonomie est revenue ! J’avais beaucoup de travail intérimaire et photographique qu’il m’a fallu réguler aussi. J’approchais les 60h par semaine.

En août, j’avais pris un appartement et mes heures de travail s’accommodaient bien avec les cours photos du lundi, que je dispensais auprès d’une trentaine d’étudiants étrangers en collaboration avec l’école des Mines d’Albi et l’Albi’school.

Et job après job, la force des choses m’a dirigé vers l’Établissement Français du Sang (Aveyron, Lozère). De donneur j’ai eu l’opportunité de passer en coulisses !

Depuis mon retour en France j’ai fait le choix d’aborder ma vie professionnelle différemment. Je n’ai plus d’objectif de carrière photographique précis et cloisonné dans le temps, les événements se présenteront à leur guise. Mais le compromis entre l’EFS et la photo culturelle professionnelle me convient très bien en ce moment.

Est-ce que tu parviens à valoriser ton expérience d’expatriation dans ta vie professionnelle ?

Pour l’instant, je suis encore dans les démarches mais mon projet d’exposition est de faire connaître le Québec via mon carnet de route en donnant une bonne place aux cultures autochtones et à mes rencontres québécoises. Sur ce projet, je planche notamment sur des publications, des animations scolaires avec l’expo, et des présentations publiques en tous genres. Il faut du temps pour bien mettre en place ces choses-là. Puis un tel projet s’actualise constamment, donc il peut s’inscrire sur la longueur. Même si l’intérêt des centres scolaires et culturels est déjà décelé, je ne désespère pas de mettre la puce à l’oreille à des structures qui relient la France et le Québec. Par ailleurs, le projet vient d’être reçu et récompensé en première place par le jury des « Bourses Jeunes Talents » organisé par le Conseil Général de l’Aveyron ! Un très bon tremplin pour démarrer !

Construction éphémère – Armature de Tipi évoquant les premiers peuples d’Amérique

Au final, que t’a apporté ton expérience d’expatriation ?

Mon expatriation m’a clairement permis de me connaître. Le fait de partir seul pour un an,  en me donnant cette ligne d’étude qu’est la vie actuelle des premiers peuples du Québec tout en déménageant chaque trois semaines a nécessité une grande adaptabilité et un recentrage régulier. Je suis devenu mon meilleur ami, je m’écoute et je me gronde. Je pensais rester plus longtemps au Canada mais au final, même de France où je me plais, je ne conçois pas que ce voyage soit seulement une parenthèse !

Cascade en Aveyron

Aurais-tu des remarques à faire concernant l’après PVT Canada ?

Oui, outre la préparation du départ, peut-être que chaque PVTiste devrait en quelque sorte penser au « service après-vente » du PVT. Car malgré les apparences, « voyage » est différent de « vacances » et à mon sens il ne faut pas se méprendre sur la dénomination Permis VACANCES-Travail. Un an de « voyage » est à prendre au sérieux dans une vie. Pour ma part je suis chanceux d’avoir un cercle familial et amical vraiment constructif à mon égard, et pourtant il m’a fallu plusieurs mois pour me réhabituer au fonctionnement français.

As-tu envie de repartir au Canada ou ailleurs ?

Oui, donc je le ferai ! Au Canada et ailleurs mais dans des circonstances qui se concilieront mieux avec ma vie en France. Concernant le Québec, j’ai tissé des liens trop forts avec certaines personnes pour qu’ils soient omis !

Pour suivre les aventures de Maxime :

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Date de publication : 5 jan 2015

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