Trouver un job au Canada : portrait d’un PVTiste au Québec

Voilà bientôt un an que Maxime se trouve en PVT au Canada. Devenu agent de développement communautaire et photographe, il nous explique comment il a décroché un job lui offrant à la fois épanouissement professionnel et personnel.

 

 

Comment s’est passé le début de ton PVT au Canada ?

Je suis ici depuis le 1er février 2013 et mon PVT se termine dans un peu plus d’un mois.

Lorsqu’on atterrit au Canada, à mon avis l’erreur est de penser que l’on y est attendu. Alors partant de ce constat j’ai donné un peu de défi à mon début d’aventure en refusant tous les contacts que l’on me proposait, et en me limitant volontairement à une seule connaissance sur place : un ami qui m’a logé à Montréal le temps de reprendre mes esprits et de m’acclimater… Mais aussi, je ne voulais volontairement pas trouver du travail dans l’immédiat. Mon objectif était bien plus de découvrir un territoire, son fonctionnement, son histoire et ses habitants. Cette manière d’aborder mon séjour pouvait paraître très « scolaire » mais elle me semblait primordiale pour envisager le parcours : si je connais le territoire dans son contexte, je serai capable de m’y fondre ! Mes choix se sont tournés vers la définition primaire du PVT : « Vacances-Travail », je cherchais l’agréable et le constructif. Ensuite, pour ce qui était des directions géographiques à prendre, peu importait.

Mi-février c’est l’Abitibi-Témiscamingue qui m’a ouvert ses portes ! Coïncidence non négligeable pour moi : dès mon arrivée à Val d’Or j’ai été accueilli par une personnalité (et pas des moindres) qui a un rôle très décisionnaire sur l'avancement des sociétés autochtones et non-autochtones… Deuxième découverte frappante : deux villages de la région portent mon nom (Authier) ! Je me suis alors embarqué dans une sorte d’enquête entre Amos et la Sarre… Nul besoin de grandes parades pour me faire rapidement des amis à Authier-Nord ! Plus tard, avec eux, je me suis retrouvé au milieu du lac Newiska à la pêche sur glace… une expédition d’une semaine où la moto-neige était notre meilleure amie !

Décrocher un job : il t'a fallu combien de temps et surtout, comment as-tu trouvé ?

Au sortir du festival de contes nous étions à peu près en juin. J’avais déménagé toutes les deux à trois semaines partout en Abitibi-Témiscamingue alors, connaissant une bonne partie de la région, j’avais envie de battre la route vers l’Est. J’embarquai donc avec la voiture que je m’étais achetée, pour Mashteuiatsh, la communauté Ilnu du Lac Saint-Jean. Même chose, j’y ai tissé des liens exceptionnels de tous bords, et c’est en observant ma façon de vivre et les articles que je tenais à jour sur mon site, que la personne qui me logeait avait décidé de me catapulter à la Pourvoirie du réservoir Pipmuacan dont il est l’un des associés. Actuellement je m’y trouve !

En quoi consiste ton job ?

En quelques mots : on me demande d’être autonome, curieux, d’aimer l’aventure et de ramener images et textes. Le résultat doit être à bon niveau de qualité et doit refléter une belle image du territoire qu’occupe la pourvoirie. J’ai donc dû me rendre au Pipmuacan une dizaine de jours par saison, et je travaille en collaboration avec un guide. Actuellement pour s’y rendre, on compte trois heures de moto-neige au Nord de Chicoutimi ! Ce travail répond à ce dont j’avais besoin pour cette année.

Le réservoir Pipmuacan représente tout ce qu’il y a de sauvage… c’est-à-dire qu’on ne s’éloigne pas du camp sans prévenir quelqu’un, lorsqu’on part une journée sur les eaux on annonce au préalable notre itinéraire et on prend un moteur de rechange, si l’on marche en forêt on ouvre les yeux sur les signes de présences…

Les ours sont partout au Pipmuacan. On y trouve aussi des orignaux et j’ai eu la chance de faire une vidéo d’un castor qui nageait continuellement de droite à gauche du champ de la caméra, dans l’axe parfait du lever du soleil ! La pourvoirie est une sorte de fil rouge à mon voyage, comme un refrain à une chanson.

Et le reste du temps ? Bien que les périodes sur place soient espacées, je travaille à rythme constant sur les photos.

Pour ce qui est du reste des aventures, j’ai eu la chance de m’être fait confier la maison de grands artistes pour trois semaines, d’avoir parcouru les routes de Gaspésie jusqu’au rocher percé, d’avoir fait près de 150 kms à vélo au Lac Saint-Jean, d’avoir vécu un mardi soir au Pub Nelligan’s de Québec et un samedi soir à la Chouape de Saint-Félicien, d’avoir pu admirer plusieurs aurores boréales, d’avoir fait des balades en canot avec un bon verre sur la rivière La Lièvre, d’avoir compris qu’il n’existe pas que la sorte de cheddar qui fait squick squick, d’avoir enregistré des loups sauvages qui hurlaient à 600 pieds de moi, d’avoir visité d’innombrables places culturelles, de m’être confronté au conflit et à la détresse humaine, d’avoir épluché des données documentaires intéressantes, d’avoir été à l’affut d’un chasseur des aurores à la pénombre, d’avoir été passif, d’avoir goûté le castor et l’outarde lors d’un Mukusham, d’avoir visité ou vécu avec 12 communautés autochtones, d’avoir été soutenu pendant les moments de doutes, d’avoir reçu et offert des tas de cadeaux, d’être allé jusqu’à Mistissini, d’avoir eu toute ma vie dans une valise, d’avoir été choisi pour recueillir les mémoires d’un aîné innu de 88 ans, d’avoir retracé l’histoire de l’Haudenosaunee dans l’état de New-York, d’avoir découvert ce que vivent des mères seules, d’avoir fait une projection photo au Lac Simon, d’avoir les clés de deux habitations à l’année, d’avoir planté mon arbre, d’avoir publié un carnet de route en Aveyron, d’avoir vu un ours, un rorqual, des phoques, des orignaux, d’avoir aimé la solitude, de n’avoir jamais connu l’ennui !

Quels sont tes projets "d'après PVT" ?

Malheureusement, une année est bien trop courte à mon goût, je ne suis pas rassasié, mais c’était la règle du jeu. Je n’ai même pas eu le temps de sortir du Québec, ni d’aller au Nunavik ! En me fiant aux intuitions, j’ai le sentiment d’avoir exploré de nouvelles capacités de mon cerveau ! Je souhaite envisager l’après PVT comme une nouvelle marche, j’envisage toutes les possibilités, toutes les propositions… Dans mon idéal pour quelques années à venir, je souhaiterais séjourner en alternance entre Aveyron et Amérique du Nord... Mais pour l’instant je vais quitter le pays du caribou pour retrouver celui de l’aligot saucisse. Je ne peux pas me plaindre de ça !

Je suis également en train de créer un projet que je trouve nécessaire et utile. Il s’adressera aux habitants du Québec mais aussi aux nouveaux-venus, dont les PVTistes… Dans tous les cas, une chose est certaine, la fin de mon visa ne marque pas la fin de cette histoire d’amour.

Si c'était à refaire...

Je ne crois pas au hasard.

Pour en savoir plus sur le travail de Maxime :

Rendez-vous sur son site maxiphotos.com, sa chaîne YouTube ainsi que sur sa page Facebook.

Date de publication : 17 fév 2014

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