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Travailler en Suisse en tant que frontalier : ce qu’il faut savoir
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En Suisse, le nombre de travailleurs frontaliers est passé de 163 000 en 2002 à plus de 341 000 en 2020, dont un peu plus de la moitié sont des travailleurs français. L’air pur des montagnes et le chocolat y sont peut-être pour quelque chose, mais ce ne sont pas les seules raisons. Alors, que faut-il savoir avant de travailler en Suisse en tant que frontalier ?

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Lorsque l’on vit en France, travailler en Suisse présente plusieurs avantages. Romain, un trentenaire français qui habite proche de la frontière suisse, ne dira pas le contraire. Celui qui a occupé un emploi de menuisier en Suisse pendant plusieurs années gagnait alors environ le double de ce qu’il aurait gagné en France en occupant un poste équivalent. 

Le coût de la vie en Suisse est plus cher qu’en France, c’est même l’un des plus chers d’Europe. Mais selon le site travailler-en-suisse.ch, "la différence de salaire entre des villes comme Paris et Zurich est d’environ 60 % en moyenne." Autant dire que si vous habitez et consommez en France, mais que vous gagnez un salaire en Suisse, c’est le jackpot.  

Même si la France et la Suisse sont des pays voisins, il ne faut pas penser qu’il n’y a pas de différences culturelles. "Les règles, c’est à la Suisse : c’est carré" précise Romain.

Frontaliers : les règles à connaître

Les règles, parlons-en. Pour travailler en Suisse en tant que frontalier, un permis de travail est nécessaire. Néanmoins, il s’obtient facilement si vous trouvez une entreprise prête à vous embaucher. Attention, pour certaines professions réglementées, comme les avocats, les pharmaciens ou les enseignants spécialisés, il est plus compliqué de trouver du travail en Suisse, puisque des démarches sont nécessaires pour faire reconnaître son diplôme étranger. 

Quand on travaille en Suisse, il faut également savoir que la semaine de travail est plus chargée. La durée légale de travail hebdomadaire est de 45 heures pour un salarié à temps plein, contre 35 heures en France. Côté vacances, les travailleurs suisses ont droit à quatre semaines de congés payés par an s’ils ont plus de 20 ans, puis 5 semaines après 20 ans de service ou après 50 ans révolus et 5 ans de service chez le même employeur. En France, tout le monde a droit à cinq semaines payées pour une année de travail.

En Suisse, le droit du travail est plus souple. Un licenciement est vite arrivé, puisque l’employeur n’a pas besoin de se justifier s’il décide de se passer d’un salarié. Un préavis doit néanmoins être respecté. Il est de 7 jours si vous êtes en période d’essai, 1 mois si vous êtes dans votre première année de travail, 2 mois si vous avez entre 2 et 9 ans d’ancienneté et 3 mois au-delà. Les résidents français qui travaillent en Suisse peuvent bénéficier du chômage en France. 

Travailler en Suisse : quelle assurance maladie ? 

Concernant le système de santé, les frontaliers peuvent choisir entre s’affilier au système suisse, la LAMaL, ou bénéficier de la sécu française. C’est ce que l’on appelle le droit d’option. Ce droit doit être exercé dans un délai de trois mois à compter d’une prise d’emploi en Suisse ou d’une domiciliation en France. Un formulaire intitulé "Choix du système d’assurance-maladie" est disponible sur les sites de l’assurance maladie suisse et française. Si vous n’exprimez pas votre droit d’option, vous serez automatiquement affilié au système suisse, sans possibilité d’en sortir, à moins de revenir travailler en France. 

Le choix entre l’affiliation au système français ou suisse dépend de votre situation personnelle. Des associations comme le Groupement transfrontalier européen peuvent vous aider à prendre votre décision. Les cotisations à la CMU étant basées sur le revenu, elles auront de fortes chances d’être élevées. Côté Suisse, les cotisations varient selon les compagnies d’assurance. De plus, vous aurez une franchise à payer en cas de pépin. Alors, à vos calculettes !

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Frais de transports, bouchons… que faut-il savoir sur la vie de frontalier ? 

La vie de frontalier, c’est un salaire plus élevé, mais aussi beaucoup de frais liés au transport. Avec l’augmentation de l’essence, le budget voiture est conséquent. Par exemple, une personne qui habite à Annecy et travaille à Genève doit prévoir un budget mensuel d’au moins 400 euros pour l’essence et le péage. De plus, les bouchons à la frontière sont fréquents, surtout aux heures de pointe. Une fois en Suisse, il faut aussi penser que le stationnement est cher, sauf si votre entreprise dispose d’un parking. Pour limiter les coûts, on peut se tourner vers le covoiturage. 

Plusieurs projets de transports en commun entre la France et la Suisse ont été réalisés dans les dernières années. C’est le cas du Léman Express qui relie 45 gares françaises et suisses sur 230 km, depuis 2019. Des abonnements mensuels sont disponibles. Le prix varie entre 90 et 264 euros selon le trajet. 

Travailler en Suisse en tant que frontalier… et payer ses impôts

La première chose à savoir concernant les impôts en Suisse est qu’ils sont prélevés à la source, donc sur votre salaire. Depuis le 1er janvier 2008, la France et la Suisse ont rendu obligatoire l’attestation de résidence fiscale, que le travailleur doit remettre à l’employeur, dès l’embauche, remplie et visée par le Centre des finances publiques territorial. En l’absence de cette attestation, l’employeur prélèvera automatiquement l’impôt à la source.

Si vous résidez en France, mais que vous travaillez en Suisse dans les cantons de Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Berne, Bâle ville, Bâle campagne ou Soleure, vous serez imposé en France, sauf si vous résidez en semaine dans le canton ou séjournez en Suisse plus de 45 nuitées par an. Dans ce cas, les revenus seront imposés à la source en Suisse. De même, si vous travaillez à Genève ou dans tous autres cantons suisses, vous paierez vos impôts en Suisse. 

Votre taux d’imposition dépend de votre situation personnelle : si vous êtes marié, célibataire, parent, etc. Dans le canton de Genève, un statut dit de quasi-résident peut vous permettre une réduction d’impôts allant jusqu’à 50 %.

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