S’expatrier pour créer son entreprise au Japon : mode d’emploi

3ème économie mondiale, le Japon inspire bien plus qu’une simple envie de visite touristique. D’ailleurs, c’est décidé, vous souhaitez vous installer là-bas et créer votre entreprise. Mais l’aventure entrepreneuriale au pays du Soleil-Levant n’est pas toujours un long fleuve tranquille : statut nécessaire, condition d’obtention du visa correspondant, choix du régime juridique adapté à votre activité et votre business plan, sans parler de la Sécurité sociale réservée aux chefs d’entreprise expatriés… Avec APRIL International, faites le point sur les questions essentielles à vous poser !

Créer son entreprise au Japon : quel visa est nécessaire ?

La majeure partie des Japonais privilégient le mode de travail salarial. Dans ce contexte de faible tissu de TPE/PME, l’aventure entrepreneuriale est d’autant plus profitable aux expatriés, qui bénéficient d’une concurrence faible dans un contexte économique, quant à lui, très fort. À condition de remplir les conditions indispensables pour avoir le droit d’y créer votre activité.

Afin de monter une société au Japon, vous devez soit être résident permanent ou assimilé (marié ou enfant d’un japonais ou d’un résident permanent) soit obtenir un visa investisseur, appelé « Visa Investor / Business manager », dédié à la création ou au transfert d’entreprise sur le territoire nippon. Le statut d’entrepreneur individuel, appelé « kojin jigyo », peut vous être ouvert grâce à d’autres types de visas, mais son intérêt est plus limité : taux d’imposition plus élevé, responsabilité complète en cas de difficultés...

> Pour aller plus loin : Ces pays où il fait bon créer son entreprise

Le statut kojin jigyo d’entrepreneur individuel au Japon

Vous y avez accès avec un visa sans restriction de travail : vous devez donc être soit résident permanent (PR), soit époux ou enfant d’un japonais ou d’un résident permanent au Japon. À certaines conditions, vous pouvez aussi en bénéficier avec un visa de travail.

Cette forme juridique offre certaines facilités : simplicité des déclarations fiscales, pas d’impôts sur les sociétés mais un impôt unique sur le revenu, et pas d’enregistrement administratif nécessaire. A contrario, ce statut ne permet pas d’ouvrir un compte bancaire professionnel et expose à une responsabilité illimitée (vous êtes propriétaire de l’intégralité des biens et des bénéfices, comme des dettes et des pertes). Enfin, au-delà d’un certain niveau de bénéfices (10 millions de yens environ), la fiscalité s’avère moins avantageuse que celle appliquée aux sociétés.

Les principales formes de sociétés japonaises, pour créer son activité

Pour créer une vraie société, vous devez donc obtenir le visa « Investor / Business manager » ; un sésame indispensable mais qui suppose de réunir plusieurs conditions, y compris financières, notamment :

  • Justifier d’une adresse professionnelle physique (bureau, local ou entrepôt) située au Japon ;
  • Prévoir un investissement minimal d’origine étrangère de 5 millions de yens soit plus de 37 700 €, ou avoir 2 salariés (japonais ou résidents permanents au Japon).

Les 2 principaux statuts de sociétés japonaises sont le Kabushiki Kaisha (KK), proche de la Société Anonyme française, et le Godo Kaisha (GK) équivalents de nos Sociétés en Nom Collectif. Tous deux sont accessibles avec un visa Investor :
- Kabushiki Kaisha : son coût de création est d’environ 370 000 yens, sa gérance n’est pas obligatoirement assurée par un investisseur ;
- Godo Kaisha : moins coûteuse à créer (200 000 yens approximativement) et plus facile à gérer, elle offre toutefois un peu moins de crédibilité auprès des clients et des financeurs.

L’assurance maladie des travailleurs indépendants expatriés au Japon

Quel que soit votre régime entrepreneurial, vous serez soumis au système public de Sécurité sociale japonais. Son principe consiste dans une prise en charge des soins à hauteur de 70 %, et donc d’un reste à charge de 30 %, qui ne peut toutefois pas dépasser un certain plafond mensuel : par exemple 80 100 yens + 1 % des frais excédant 267 000 yens, pour les ménages dont le revenu se situe entre 2,1 millions et 6 millions de yens.

Mais le coût des soins est élevé au Japon : une consultation généraliste coûte environ 5 000 yens, le double pour une simple consultation spécialiste. Souscrire une complémentaire santé internationale fait donc partie des priorités.


> Infographie : le coût moyen des consultations médicales dans 10 pays

Date de publication : 1 Décembre 2017

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